Association des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) 

I N T R O D U C T I O N 

Cela se passe au Soudan, en France, en Iran, en Colombie, en RDC, au Kirghizistan, en Indonésie, en Chine, ou ailleurs ...  Peu importe où cela se passe, l'ACAT dénonce l'intolérable, l'ACAT sensibilise l'opinion, l'ACAT donne la parole aux sans voix et brise le silence, l'ACAT prie, l'ACAT a une dimension internationale. Elle est dotée du statut consultatif auprés des Nations unies, du Conseil de l'Europe, de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples.

L'ACAT existe dans une trentaine de pays à travers le monde.

Vous trouverez ici les fax, les lettres, les Appels urgents, les Appels du mois, les Actions suivies, initiés par le Groupe Afrique  de l'ACAT France en direction de quelques pays d'Afrique sub-saharienne.

 

Pour d'autres informations concernant l'ACAT France et la FIACAT

voir :  http://www.fiacat.org/fr/  

et :    http://www.acatfrance.fr/

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Vous pouvez écrire à  
gerardw@spiritains.org 
ou à  
clement.boursin@acat.asso.fr

 

 

Par Gérard Warenghem
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 Il faut briser le silence  !

 

Par Gérard Warenghem, ancien curé aux Rois Mages


Les crimes rituels au Gabon, ce n’est pas nouveau… Mais ce qui me touche plus particulièrement cette fois ci, c’est que la victime, Lena Marcelle, était une chrétienne active aux Rois Mages (Libreville – Gabon), paroisse où j’ai vécu de 1971 à 1991[1].


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A la JEC, quand on fait révision de vie, dans la première partie, au VOIR, une fois le fait retenu et bien expliqué, on pose la question : « connaissons nous d’autres faits pareils ? »


En 1989 ou 1990, j’étais donc aux Rois Mages, mais, mauvaise santé oblige, j’avais dû prendre deux ou trois mois de repos. Et l’évêque avait demandé à l’abbé Jean Vincent, tout nouvellement ordonné, de me remplacer.

A mon retour, je lui demande si tout s’est bien passé… Oui, mais… (et ce sont les chrétiens qui m’ont expliqué) : l’abbé avait connu quelques peurs. En effet, à la veille d’élections, une rumeur courait dans la ville : « une liste circule…pour gagner les élections il faut assassiner un albinos, un jumeau, un jeune prêtre… » et j’oublie le reste de la liste…Le jeune prêtre… il était le seul jeune prêtre !

Depuis, l’abbé Jean Vincent est devenu évêque, et je pense qu’il doit avoir gardé un souvenir de cette époque…


Pour conclure, je répéterai à l’attention des jécistes, des anciens jécistes, et de tous les chrétiens qui veulent « pratiquer », pas seulement le dimanche, mais à chaque instant : prenons le temps de faire révision de vie, sur le malheur qui vient de toucher la famille de Lena et sur sa famille des Rois Mages.

 



[1] La joie de vivre en communauté : http://joie-en-communaute.over-blog.com/

 

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Les crimes rituels au Gabon

 


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Avec Jean Elvis Ebang Ondo 1, mettons fin au silence !

 

 

 

 

 

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Avec Ali Bongo 2 , réagissons !

 

 

 

 

 

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Avec les évêques du Gabon 3 , crions haut et fort que « la vie est un don de Dieu, elle ne doit en aucun cas être détruite pour quelque avantage que ce soit ».

 

 

 

 

 

VOIR – JUGER – AGIR

 

 

 

 


 

 


[1] Fondateur de l'Association de lutte contre les crimes rituels (ALCR). Aujourd'hui, l'association fête ses cinq années. Et le constat est terrible : « En 2010, nous avons recensé 37 cas. Chaque semaine, on découvre un corps dans la nature. Chaque semaine, un enfant gabonais est assassiné pour satisfaire des personnalités qui font ces basses besognes », précise le président de l'ALCR.

http://africamix.blog.lemonde.fr/2011/07/16/gabon-lhorreur-des-crimes-rituels-continue/ (16 juillet 2011)

 

 

 

[2] On y apprend qu’Ali Bongo a décidé de réagir face aux crimes rituels qui ont lieux au Gabon.

« Nous sommes dans un Etat démocratique, un Etat de Droit et nous vivons sous le règne de la Loi. Si les lois ne sont pas suffisantes pour résoudre ce problème alors qu’on les modifie. Mais si nos lois sont bonnes alors qu’on les applique dans leur plénitude, sans faiblesse et sans excès. Je le répète personne n’est au dessus de la Loi » a déclaré le chef de l’Etat.

http://www.gabonews.com/politique/8087-crimes-rituels-et-insecurite-au-gabon-le-chef-de-letat-tape-du-poing-sur-la-table-   (11 avril 2012)

 

 

 

[3] Les évêques gabonais ont annoncé dans leur déclaration finale que « nul n’a le droit de disposer ni de sa vie ni de celle d’autrui. Ainsi nos cœurs de pasteurs saignent chaque fois qu’il nous est fait état de crimes rituels de plus en plus nombreux perpétrés dans notre pays. Nous condamnons avec fermeté ces pratiques contraires à toute valeur humaine et chrétienne. 

Il est inadmissible que les auteurs et les commanditaires de ces actes crapuleux demeurent presque toujours impunis. La vie est un don de Dieu, elle ne doit en aucun cas être détruite pour quelque avantage que ce soit.

 Nous décrétons pour l’Eglise Catholique, la journée du 28 décembre de chaque année, fête des Saints Innocents, comme journée de prière pour les victimes innocentes de toute forme de violence. ». 

(Sources : apic/gabonlibre/eglisecatholique.ga – DICI n°250 du 17/02/12)

 

http://www.dici.org/actualites/gabon-leglise-catholique-lutte-contre-les-crimes-rituels/ (17 février 2012)

 

 

 

Pour en finir avec les crimes rituels, commençons par en parler !

Faites passer cet article à vos amis, parents et connaissances !

 

 



 
Par Gérard Warenghem
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12 avril 2012

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Soutien aux sociétés civiles émerghentes enAfrique ...

La société civile dans le collimateur des politiques…

 

http://soutien-ste-civile.over-blog.com/article-ajoute-recemment-51928130.html

 

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« L'affaire Chebeya, un crime d'Etat ?»

 

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Floribert Chebeya


http://www.rfi.fr/emission/20120313-thierry-michel-marie-josee-bazana


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Bande annonce


 

 

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RDC: vers une interdiction de la diffusion du film «l’affaire Chebeya, un crime d’Etat» ?


lundi 09 avril 2012

Par RFI

 

Le ministre de la Justice de la RDC recommande l’interdiction de la diffusion d’un film sur l’affaire Chebeya. Une affaire qui porte sur l’assassinat en juin 2010 du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya, qui a donné lieu à un procès fleuve l’année dernière. Le procès s’est soldé par la condamnation de plusieurs officiers de police. Luzolo Bambi reproche au film intitulé « L'affaire Chebeya, crime d’Etat ?», d’être tendancieux, et de porter atteinte à la personne du chef de l’Etat.

Dans une lettre au président de la Commission nationale de censure, le ministre de la justice Luzolo Bambi demande de ne pas autoriser la diffusion du film en RDC.

Le ministre a deux reproches à faire. D’abord, le titre : « L’affaire Chebeya, un crime d’Etat ? » Même si la mention « un crime d’Etat » est suivie d’un point d’interrogation. Ensuite, il est reproché au réalisateur de laisser passer des séquences portant atteinte au chef de l’Etat. Par exemple, dans ce film on revoit des manifestants filmés lors des obsèques de Chebeya, qui scandaient « Kabila assassin au Congo».

Le ministre rappelle dans son courrier que le président de la République a démontré sa volonté de lutter contre l’impunité et permis à la justice de mener ses enquêtes en toute indépendance. Il est demandé au réalisateur Thierry Michel de revoir son montage

Cette interdiction jette un trouble parmi les ONG partenaires du film qui avaient pu le voir en projection privée à Kinshasa en mars. Parmi les partenaires, il y a aussi l’OIF, l’Organisation internationale de la francophonie, à quelques mois de son sommet qui se tiendra précisément à Kinshasa.

 

Thierry Michel, Réalisateur belge du film «L'affaire Chebeya, un crime d'Etat ?»

J’espère que cela a été un excès de zèle d’un ministre aux abois parce qu’il n’a sans doute pas fait son travail, et qu’il essaie par la censure d’étouffer la voix comme on a étouffé la Voix des sans-voix, et comme on a étouffé évidemment Floribert Chebeya.

 

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Par Gérard Warenghem
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31 mars 2012


Transmis par Clément Boursin (ACAT France)



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Liberia :

une journaliste menacée pour ses enquêtes sur des pratiques d'excision


MONROVIA (AFP) - 30.03.2012 08:22

La présidente Ellen Johnson Sirleaf est de plus en plus sollicitée pour s'occuper de ces questions, MGF ou homosexualité, en particulier depuis qu'elle a été distinguée du prix Nobel de la Paix en 2011.

AFP/Archives - Pius Utomi Ekpei

Elle a révélé au grand public un scandale d'initiation rituelle, impliquant des mutilations génitales. Mae Azango, reporter au quotidien libérien Front Page Africa, fait aujourd'hui l'objet de graves menaces et doit se cacher.

Le 8 mars, elle publiait le témoignage d'une jeune femme, excisée à l'âge de 8 ans par des membres des Sandés, sociétés secrètes féminines où les adolescentes sont préparées au mariage et où les mutilations génitales - l'ablation du clitoris dans ce cas précis - sont pratiquées comme rites d'initiation.

Son article était illustré de photos de jeunes filles à peine "initiées" sortant de la forêt.

"Quelques jours plus tard, j'ai commencé à recevoir des appels téléphoniques, toujours anonymes. Une femme me reprochait d'avoir dévoilé leurs secrets, et que j'allais en payer le prix", explique-t-elle à l'AFP, lors d'un entretien dans un lieu tenu secret.

"Je ne faisais que mon travail, mais aujourd'hui j'ai de gros ennuis". La punition pour ceux qui ont trahi ce secret: subir le même rite d'initiation, "que vous le vouliez ou non", s'inquiète-t-elle. "Ils me cherchent depuis des semaines maintenant. Ils sont allés au journal, chez moi. Le pire est qu'ils ont tenté de prendre ma fille de force pour l'exciser".

Des organisations de défense de la presse, des ONG ont demandé au gouvernement d'intervenir, ce qui est compliqué car la justice n'a en théorie pas son mot à dire sur ce sujet relevant du droit coutumier.


La suite sur : http://actu.voila.fr/actualites/medias/2012/03/30/liberia-une-journaliste-menacee-pour-ses-enquetes-sur-des-pratiques-d-excision_2524094.html


 

 

 

 


Par Gérard Warenghem
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Transmis par Clément Boursin (ACAT)


Tribune ACAT-France dans Huffingtonpost


Tchad : l'affaire Ibni Oumar Mahamat Saleh, un crime d'État couvert par le silence de la France?


Publication: 2/02/2012   

Quatre ans après l'enlèvement de l'opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, à N'Djamena, il est temps pour la France de déclassifier tous les documents, y compris les secrets-défense, relatifs aux événements de février 2008.

Il y a quatre ans, le 3 février 2008, l'opposant politique tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh - président du Parti pour les libertés et le développement (PLD) - était enlevé à son domicile de N'Djamena, devant sa famille, par les forces armées gouvernementales, à l'occasion de la répression de la tentative de coup d'État menée par les forces rebelles quelques jours plus tôt.

Sept mois plus tard, début septembre 2008, une commission d'enquête nationale établissait la responsabilité de la garde présidentielle dans cette disparition forcée et posait la question de l'implication du président tchadien Idriss Déby Itno dans cette affaire (1). Dans la foulée, une procédure judiciaire était ouverte au Tchad. Depuis lors, aucune personne n'a été traduite en justice. Faute de volonté politique, la procédure judiciaire piétine.


La suite sur :


http://www.huffingtonpost.fr/clement-boursin/tchad-ibni-oumar-mahamat-saleh_b_1250422.html?ref=france

 

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Revoir :

Du nouveau à l'assemblée nationale …

article - 27/03/10 - - Tchad - Les députés français demandent que la lumière soit faite sur la disparition d'Ibni Oumar Saleh intervention de Gaetan Gorce à l'Assemblée nationale, 25 mars 2010 …

http://partenia2000.over-blog.com/article-du-nouveau-a-l-assemblee-nationale-47472394.html

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Ibni oumar mahamat saleh

article - 18/03/08 - Ibni Oumar Mahamat Saleh - Transmis par Serge LEVILLAYER Bonjour parents et amis ! Vous savez combien le Tchad m'est cher. Optimiste, je…

http://partenia2000.over-blog.com/article-17826791.html

 

Par Gérard Warenghem
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L'ACAT-France a sorti le deuxième rapport  " Un monde tortionnaire "

le 10 décembre dernier (Journée mondiale des droits de l'homme). Cet ouvrage rend compte de l'ampleur et de la réalité des pratiques tortionnaires dans 23 pays tout en poursuivant l'analyse des multiples dimensions de ce phénomène et des facteurs qui l'encouragent.

 

A l'occasion de cette sortie nous vous proposons plusieurs moyens pour nous aider à diffuser le plus largement possible cet outil important pour la lutte contre la torture.

 

1. Vous trouverez le  communiqué de presse  fait à ce sujet

 

2. N'hésitez pas à prendre contact avec les média locaux et régionaux (journaux, radio, télé) et le diffuser auprès d'eux. Le Secrétariat National peut se rendre disponible pour des interviews par téléphone si vos contacts presse en ont besoin. A cette fin, vous pouvez contacter Ophélie LATIL ophelie.latil@acatfrance.fr

 ou 01 40 40 40 24).

 

3. Vous pouvez aussi écrire aux courriers des lecteurs des différents journaux pour les informer personnellement de la sortie du rapport.

 

4. Le site web: www.unmondetortionnaire.com   est entièrement dédié au rapport.

 

 

Faites-le connaitre :

o   envoyez le lien à vos connaissances,

o   ajoutez-le à votre signature électronique

o   mettez-le sur votre profil Facebook, twitter, my space ou autres réseaux sociaux

o   postez-le sur les blogs, forums et commentaires des sites web de presse électronique qui parlent des pays renseignés dans le rapport ou de la thématique tortionnaire

 Nous vous remercions d'avance pour votre aide dans la diffusion du rapport. Votre engagement et votre action avec l'ACAT sont efficaces !

 

Cordialement,

Toute l'équipe de l'ACAT-France

 


 

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Par Gérard Warenghem
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Guinée : enquête sur le phénomène tortionnaire



Publié par Florence Boreil, Clément Boursin le 2 décembre 2011 • Dans la catégorie . POLE AFRIQUE



L’avènement du premier pouvoir civil en Guinée, avec l’élection d’Alpha Condé en décembre 2010,

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n’a pas mis fin aux tortures et mauvais traitements pratiqués par les forces de l’ordre, ni au règne de l’impunité. Du 20 juin au 1er juillet 2011, deux chercheurs de l’ACAT-France se sont rendus en Guinée afin d’y enquêter sur le phénomène tortionnaire.

 


En Guinée, la plupart des enquêtes de police et de gendarmerie ne sont pas menées selon des méthodes légales. Faute de moyens matériels leur permettant une expertise technique et scientifique, les agents responsables de l’application de la loi se cantonnent à rechercher l’aveu de la personne ou des personnes soupçonnées de délit, en partant du principe que la personne est présumée coupable et non présumée innocente.


Dès lors, pour obtenir l’auto-incrimination des suspects, les policiers et les gendarmes usent de moyens comme les arrestations et les détentions arbitraires, les menaces et les traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les personnes qui s’acharnent à proclamer leur innocence font l’objet de davantage de violences. La torture n’est toutefois pas systématiquement utilisée, mais elle reste une pratique courante, principalement à l’encontre des personnes arrêtées pour des crimes graves : grand banditisme, vol à main armé, coupeur de route, assassinats. «Comme j’ai dit que je n’étais pas un voleur, j’ai fait l’objet de violences. On m’a mis dans la position de ‘brochette’ et dans celle dite à la ‘chinoise’ qui consiste à croiser les mains dans le dos et les attacher au niveau des poignets avec des menottes. Ensuite je faisais l’objet de coups. Il y avait deux séances par jour. Du fait de ces violences, j’ai fait plusieurs fois pipi et caca sur moi. Un policier était en charge de me torturer. Il me disait : ‘Tu vas avouer’. Comme je refusais de dire que j’étais un voleur, j’ai également été brûlé à l’aide de sacs en plastique qu’il enflammait au-dessus de mon corps. Les gouttes de plastique fondu m’ont laissé des traces encore visibles aujourd’hui.»[Témoignage d’une victime suspectée de vol à main armée en 2007].


Les mauvais traitements et la torture sont également utilisés pour punir les membres ou les sympathisants de l’opposition politique lors des répressions de manifestations ou de rassemblements publics. En 2010-2011, les victimes de torture relatives aux questions politiques appartiennent principalement à la communauté peule, considérée comme favorable à l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition. «J’étais dehors préparant du thé dans le quartier de Bomboli [Conakry]. J’ai vu des gens courir ; des policiers en tenue bleue sont venus dans le quartier pour attraper des gens. Ils ont tiré sur un ami qui essayait de fuir ; il a été blessé. J’ai tenté de courir mais j’ai été visé par un policier ; je suis tombé, ayant été touché par une balle à la jambe. J’ai pensé que j’allais mourir car cinq policiers m’ont tabassé alors que j’étais assis et blessé par balle.» [Témoignage d’une victime du 15 novembre 2010].


Enfin la torture est infligée aux militaires qui ont tenté ou qui sont soupçonnés d’avoir voulu tenter de renverser les autorités par la force. L’autre principal constat réside dans le fait que les auteurs et responsables d’actes de torture ne sont jamais sanctionnés ni poursuivis devant la justice. Depuis le règne de Sékou Touré – premier président de Guinée en 1958 – l’impunité est la norme en Guinée. Jusqu’à l’avènement du premier pouvoir civil en 2010, avec l’élection d’Alpha Condé, les militaires au pouvoir avaient laissé la Justice dans un état de délabrement et de dépendance empêchant toute enquête sérieuse sur les atteintes aux droits de l’homme.


L’absence de volonté politique des régimes successifs pour lutter contre l’impunité va-t-elle perdurer avec le gouvernement civil aujourd’hui en place ? Les premiers signes ne sont pas encourageants. À notre connaissance, aucune enquête n’a été ouverte dans les affaires de tortures que nous avons pu documenter pour les années 2010 et 2011. Certes, la crainte de représailles de la part des forces de défense et de sécurité et le manque de confiance dans le système judiciaire font que les victimes ne dénoncent que très rarement les sévices qu’elles ont subis. Mais, de leur côté, les autorités judiciaires et politiques ne prennent aucune mesure efficace pour lutter contre la torture, notamment pour sanctionner ou juger leurs auteurs. Malgré la volonté affichée de réformer la justice, aucune réponse n’a été apportée par le gouvernement aux victimes des violences politiques qui se sont succédées de 2006 à 2011, tant concernant la vérité des faits, que sur les responsabilités pénales individuelles des auteurs d’actes de torture.

Les victimes n’ont également reçu aucune réparation ni indemnisation de la part des autorités guinéennes. La vaste majorité des agents des forces de défense et de sécurité impliqués dans ces exactions sont encore en poste et plusieurs d’entre eux ont même reçu des avancements de carrière ou des distinctions par le nouveau pouvoir civil. La Guinée est aujourd’hui à un tournant important de son histoire. Alors que le pays se dirige vers des élections législatives – prévues le 29 décembre 2011 – dans un climat politique tendu, le risque d’une dégradation de la situation des droits de l’homme et du recours à la violence contre toute forme d’opposition au gouvernement, notamment en cas de répression de manifestation publique non autorisée, est réel.


Pendant dix jours, l’équipe de l’ACAT-France a rencontré près de 40 victimes de torture à Conakry comme dans plusieurs autres villes du pays (Kindia, Mamou, Pita, Labé). Afin d’étayer les informations recueillies lors de ces rencontres, d’autres entrevues ont également eu lieu avec des organisations de défense des droits de l’homme, des journalistes et des partis politiques d’opposition, dont les membres avaient été soit témoins, soit eux-mêmes victimes de torture. Outre le fait d’écouter, de poser des questions, de rechercher des documents et autres rapports médicaux, il a été nécessaire d’entreprendre des visites dans plusieurs centres de détention afin de recueillir des témoignages de victimes encore incarcérées. Pour mieux comprendre la situation générale des droits de l’homme et la position du pouvoir en place sur la pratique de la torture, des rencontres ont également été programmées avec les autorités guinéennes et des bailleurs de fonds internationaux. L’ensemble de ces rencontres a permis à l’équipe de l’ACAT-France de dresser un état de lieux de la torture en Guinée et des évolutions qui devront être nécessairement entreprises par les autorités en vue d’une amélioration de l’état de droit.


 

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Par Gérard Warenghem
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Paris, Conakry :

Lancement du rapport de l'ACAT sur le phénomène tortionnaire en Guinée


Le 9 novembre 2011 à Conakry

Le 15 novembre 2011 à Paris

L'ACAT France et ses partenaires présentent leur Rapport

TORTURE : LA FORCE FAIT LOI, ETUDE DU PHENOMENE TORTIONNAIRE EN GUINEE


 

http://www.acatfrance.fr/actualites.php#Paris-Conakry-:-Lancement-du-rapport-de-ACAT-sur-le-phenomene-tortionnaire-en-Guinee

 


http://www.acatfrance.fr/medias/files/actualite/CP-publication-rapport-Guinee-torture_9nov2011.pdf

 


 

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GUINÉE

Enfants en prison dans l’attente d’être jugés

La maison centrale d’arrêt de Conakry abrite 61 mineurs, dans un espace vétuste et surpeuplé. Beaucoup sont détenus à l’insu de leurs parents. esseulés, ils sont pour la plupart en attente de jugement, sans aucune aide juridictionnelle.

 


http://www.acatfrance.fr/appel_mois.php

 


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http://www.santegidio.org/fr/solidarieta/carcere/guineaconakry.htm

 

 

 


Par Gérard Warenghem
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Transmis par Clément Boursin

 

50e session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples :

la FIACAT dénonce les conditions de détention et la torture au Burundi et au Togo

 

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http://www.fiacat.org/

 

octobre 2011

 

La 50e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) se tiendra à Banjul du 24 octobre au 7 novembre 2011. Lors de cette session, la Commission examinera les rapports du Burundi et du Togo. La FIACAT, l’ACAT Burundi et l’ACAT Togo seront présent lors de cette session pour y faire part de leurs préoccupations concernant la torture et la peine de mort dans ces deux pays.

Le Burundi et le Togo ont aboli la peine de mort en avril et juin 2009 mais aucun des deux États n’a adhéré au deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort. L’adhésion à ce traité international est extrêmement importante car il s’agit du seul texte de portée universelle qui vise à abolir la peine de mort. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples l’a rappelé en 2008 en appelant « les États [membres de l’Union africaine] qui ne l’ont pas encore fait, à ratifier le Second Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant l’abolition de la peine de mort ». Pour ces raisons, la FIACAT invite la Commission à recommander à ces deux États d’adhérer à cette Convention.

Au Togo, aucune dispositions dans le Code pénal en vigueur ne définit explicitement la torture ni ne la criminalise. Cette absence de définition vide de son sens l’interdiction absolue de la torture et ne permet pas de la prévenir et de la réprimer efficacement. La FIACAT et l’ACAT-Togo accueillent avec satisfaction le projet de révision du Code pénal togolais qui intégrerait une définition de la torture et des mauvais traitements. Cependant ce projet de loi est depuis plus de deux ans en attente d’adoption par le parlement. La FIACAT espère que l’examen du rapport du Togo par la Commission africaine permettra d’accélérer l’adoption de cette législation.

Les conditions de détention au Burundi sont catastrophiques et s’apparentent souvent à des traitements cruels inhumains et dégradants. Les bâtiments dans lesquels sont détenues les personnes gradées à vue, les « cachots », sont vétustes, insalubres et surpeuplés. Ils n’ont souvent ni éclairage ni ventilation et les sanitaires sont inexistant ou hors d’usage. Les personnes qui y sont privées de libertés n’ont pas toujours accès à l’eau potable et à la nourriture. Dans plusieurs cachots, il n’y a pas de cellule pour séparer les femmes et les mineurs des hommes majeurs.
Bien que le Code de procédure pénale burundais prévoie que le délai de garde à vue ne peut pas dépasser 14 jours, l’ACAT Burundi est souvent témoins de gardes à vue pouvant dépasser cinq mois. L’ACAT a également dénoncé l’incarcération de malades mentaux qui n’avaient pas commis d’infractions ; ils étaient détenus menottés sans aucune base légale. De telles incarcérations hors délai ou sans titre constituent des cas de détentions arbitraires.

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples est l’organe de l’Union africaine chargé de surveiller la mise en œuvre de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Composée de 11 membres élus, la Commission a pour mission de promouvoir, de protéger et d’interpréter les dispositions de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Contact presse :
- Guillaume Colin : g.colin@fiacat.org - +33 (0)1 42 80 01 60


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Réunie à Bamako, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples va réfléchir aux moyens d’accélérer l’égalité du genre. Juillet 2010


Par Gérard Warenghem
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Transmis par Clément Boursin (ACAT)

 

Jeudi 21 octobre 2010
Unesco : le Prix Obiang Nguema suspendu

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Teodoro Obiang Nguema Mbasogo à la tribune de l'ONU, le 25 septembre 2008.

UN Photo/Marco Castro

Par RFI

L'Unesco a décidé de suspendre le prix Obiang. Les 58 membres du conseil exécutif de l'Unesco ont suspendu ce jeudi 21 ocotobre le prix scientifique offert par le président équato-guinéen. Ce prix d'une valeur de 3 millions de dollars est l'objet d'une polémique depuis des mois entre les pays membres de l'Unesco en raison de la corruption du régime de Malabo.

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Le  27 septembre 2011


 L'Unesco toujours menacée par un "prix Obiang"

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Le dictateur de Guinée Équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, tient à être honoré par un prix de l'Unesco portant son nom. Rien ne semble le détourner de cet objectif. Ni sa mise cause dans l'affaire des "biens mal acquis" portant sur le détournement de richesses nationales par des dirigeants africains pour des achats de biens de luxe en France, ni le fait qu'il soit cité dans le tourbillon des commentaires à propos des "valises" d'argent qui auraient navigué, au fil des décennies, entre l'Afrique et Paris.

Il n'a pas non plus été découragé par la rebuffade qu'il a essuyée à l'Unesco, en octobre 2010 : à l'issue d'une campagne menée par plusieurs organisations non-gouvernementales, dont Transparence Internationale, Human Rights Watch et Sherpa, ainsi que diverses personnalités, dont le prix Nobel de la paix, Desmond Tutu, la remise d'un prix de l'Unesco honorant ce dirigeant africain aux méthodes autoritaires et à la réputation entachée de forts soupçons de corruption, avait été suspendue, faute de "consensus".

Il semblait alors que l'homme fort de Guinée Équatoriale allait devoir renoncer définitivement à la remise de son "prix Unesco-Obiang pour la recherche en sciences de la vie". L'idée d'un prix (richement doté, avec 3 millions d'euros prévus sur cinq ans) offert par un dictateur ayant tendance à confondre sa fortune et les caisses d'un Etat pétrolier (où la majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté) paraissait en effet bien peu conforme aux valeurs défendues par l'organisation des Nations unies pour la culture.

Majorité confortable

Mais le président Obiang est reparti à l'offensive, fort du soutien recueilli cet été lors d'un sommet de l'Union africaine (organisation qu'il préside), et de celui d'Etats arabes. Le Comité exécutif de l'Unesco doit se pencher, vendredi 30 septembre, sur la question de ce prix litigieux. Or, dans cette enceinte, l'homme fort de Malabo dispose d'une majorité confortable pour l'emporter.

Les pays européens tentent de bloquer l'offensive en proposant des amendements rendant le "consensus" obligatoire. Irina Bokova, la directrice de l'Unesco, est sur cette ligne. La réputation de l'organisation est en jeu. La solidarité africaine va-t-elle y être instrumentalisée par un potentat qui ne lésine pas sur le carnet de chèques pour s'autocélébrer ? A l'heure des revendications démocratiques sur le continent africain et dans le monde arabe, la saga du prix Obiang a valeur de test.

Natalie Nougayrède

Article paru dans l'édition du 28.09.11

 

 

Par Gérard Warenghem
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