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Il s'agit d'informer le public sur les actions de l'ACAT envers l'Afrique

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BURUNDI : Le viol, un crime passé sous silence

Appel du Mois , Janvier 2008
BURUNDI
Le viol, un crime passé sous silence
Appel proposé par l’ACAT Luxembourg :
 
Vous trouverez ci-dessous :
 La présentation du cas pour votre information personnelle,
Une lettre à retourner au destinataire indiqué en ajoutant votre nom, adresse et signature (également sous format word en fichier séparé).
_____________________________
 
BURUNDI
Le viol, un crime passé sous silence
 
NR, originaire de Bujumbura, la capitale du Burundi, a expliqué à des délégués de l’ACAT-Burundi qu’un commerçant de son quartier avait violé une fillette de treize ans et qu’il avait versé 50 000 francs burundais (environ 32 euros) à la mère de la victime pour qu’elle renonce à porter plainte.
 
Au Burundi, la pratique des « arrangements à l’amiable » permet aussi à la famille d’une victime de viol de négocier le mariage entre la victime et l’auteur du viol, à titre de soutien social et économique. De tels arrangements, assimilables à des mariages forcés, ne prennent pas en compte l’avis et les sentiments de la victime, en particulier si la jeune fille, orpheline, était prise en charge par des parents éloignés qui ne la soutiennent pas. Dans de tels cas, elle n’a pratiquement aucun pouvoir social.
 
Durant la guerre civile, entre 1993 et 2003, le viol et les violences sexuelles se sont généralisés et ont été utilisés comme arme de guerre tant par les groupes armés que par les forces gouvernementales. La fin officielle des hostilités n’a pas mis un terme à ces crimes. Entre 2004 et 2006, Médecins sans frontières a enregistré chaque année en moyenne 1 346 cas de viol, soit 26 par semaine, un chiffre sans doute très en deçà de la réalité car de nombreuses agressions sexuelles ne sont jamais signalées. Les jeunes femmes et les fillettes sont particulièrement exposées. 
 
Beaucoup de victimes préfèrent se taire et cacher le viol qu’elles ont subi, en raison de la réprobation sociale et par peur des représailles. En effet, la société condamne le plus souvent la victime plutôt que l’auteur du crime. Nombre de femmes qui ont été violées ne bénéficient d’aucun soutien psychologique ni d’aide judiciaire; elles ignorent même parfois qu’elles peuvent avoir recours à la justice. Dans ce climat où les victimes n’osent pas ou ne peuvent pas engager une procédure, l’impunité règne et il est fréquent que les auteurs de viols ne soient aucunement inquiétés. Les témoignages faisant état de viols commis par des membres des forces de l’ordre ou des militaires ajoutent à la méfiance des victimes à l’égard des autorités. Des soldats ou des responsables de l’application des lois seraient les auteurs de 5,8% des viols signalés en 2006.
 
L’attitude discriminatoire de la société, dominée par une culture patriarcale, de même que le manque d’empressement de la police qui ne prend pas au sérieux ce type d’agression, renforcent la réticence des victimes à engager des poursuites. D’autres facteurs, comme la pauvreté, le manque d’accès à l’éducation, à l’information et aux soins médicaux, aggravent encore la vulnérabilité des femmes.
 
L’ACAT-Burundi a enquêté de manière approfondie sur ces questions, en partenariat avec Amnesty International. La FIACAT se joint à eux pour demander au gouvernement du Burundi de prendre sans délai des mesures pour protéger les femmes, les jeunes filles et les fillettes du Burundi contre la violence sexuelle.
 
 
VEUILLEZ ADRESSER VOS APPELS A :
 
Monsieur Jean Bosco Ndikumana, Ministre de la Justice et Garde des sceaux
Vous pouvez également adresser une copie de ce courrier à : 
Monsieur Pierre Nkurunziza
Président de la République
Bujumbura  / BURUNDI
 
Monsieur Jean Bosco Ndikumana
Ministre de la Justice et Garde des sceaux
Chaussée Prince Louis Rwagasore
BP 1880
Bujumbura
BURUNDI
 
Fax : + 257 22 21 86 10 ou + 257 22 25 00 40
 
                        , le       janvier 2008
 
Monsieur le Ministre de la justice,
 
La FIACAT (Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) m’informe de la situation dramatique des femmes et des fillettes victimes de viol dans votre pays. Depuis la fin de la guerre civile, les témoignages attestent de la persistance d’un taux alarmant de viol et de violences sexuelles et des difficultés presque insurmontables pour les victimes d’accéder à la justice et aux réparations.
 
Entre 2004 et 2006, l’organisation non gouvernementale Médecins sans frontières a reçu chaque année une moyenne de 1 346 témoignages de femmes déclarant avoir été violées. Une grande partie de ces viols (jusqu’à 60 %) concernaient des mineures.
 
Les autorités burundaises n’exercent pas la diligence requise pour empêcher ces viols ni pour mener des enquêtes débouchant sur des poursuites. Les responsables de ces crimes échappent donc le plus souvent aux sanctions. Découragées par l’inutilité d’engager une procédure judiciaire, les victimes sont même réticentes à dénoncer le viol qu’elles ont subi car elles craignent les représailles et la réprobation sociale.
 
Devant la gravité de la situation, je demande instamment au gouvernement du Burundi de prendre toutes les mesures nécessaires pour :
  • condamner clairement et publiquement la violence contre les femmes et en particulier le viol, un crime dont les auteurs doivent être jugés et punis conformément à la loi ;
  • réformer le comportement et les pratiques de la police et de l’appareil judiciaire pour qu’ils remplissent vraiment leur rôle en enquêtant sérieusement sur les cas de viols signalés, afin de traduire les responsables en justice et d’accorder réparation aux victimes ;
  • mettre en place dans tout le pays, y compris dans les zones rurales, un programme de soutien, de protection et d’assistance juridique pour les victimes de viol, en appui et en collaboration avec les ONG spécialisées.
En vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien accorder à mes préoccupations, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
Prénom, nom :
Adresse :
Signature
------------------------------
Vous pouvez également adresser une copie de ce courrier à : 
Monsieur Pierre Nkurunziza
Président de la République
Bujumbura
BURUNDI

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