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Il s'agit d'informer le public sur les actions de l'ACAT envers l'Afrique

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Angola : halte aux violences sur les refoulés congolais !

Angola
 
Halte aux violences sur les refoulés congolais !
 
Les soldats des Forces armées angolaises (FAA) se rendent coupables de violences sexuelles systématiques à l'encontre des Congolaises en situation irrégulière dans la province de Lunda Norte (nord-est de l’Angola) au cours de leur refoulement vers la République démocratique du Congo (RDC).
 
Selon les Nations unies, plus de 44.000 Congolais ont été refoulées des zones diamantifères de Lunda Norte depuis janvier 2007, et quelque 400.000 autres continuent de travailler dans les carrières angolaises de diamant.
 
Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) présentes au Kasaï occidental, à la frontalière angolaise, ont pris en charge les victimes de violences sexuelles et récolté 100 témoignages relatant les viols collectifs et les exactions perpétrés par les militaires angolais : « La nuit, des quartiers sont encerclés par les militaires. Les hommes qui le peuvent fuient, tandis que les autres sont enfermés dans des cachots avec les femmes et les enfants. Les femmes sont systématiquement violées par plusieurs militaires, certaines sous les yeux de leurs enfants. Ce rituel odieux continue pendant plusieurs jours sur la route, jusqu’au passage de la frontière. » (MSF). Pendant leur détention, les refoulés ont déclaré à MSF n’avoir reçu ni eau ni nourriture durant plusieurs jours et avoir subi des fouilles anales et vaginales afin de trouver des diamants. Certains témoignages relatent des décès suite à de mauvais traitements ou par épuisement. Les hommes seraient battus, mis aux travaux forcés, enrôlés de force dans l’armée ou parfois même exécutés sommairement.
 
En avril 2004, l’ACAT-France dénonçait déjà ces exactions. En raison de la pression internationale, le président angolais avait alors suspendu, un temps, ces expulsions. Aujourd'hui, force est de constater que la situation des Congolais au nord-est de l’Angola s’est à nouveau fortement dégradée.
 
… en abrégé
 
De nombreux travailleurs congolais dans le nord-est de l’Angola
diamant-angola-copie-1.jpgL’Angola et la RDC ont une frontière commune de 2.511 km. La délimitation des frontières entre les deux Etats a été fixée par un accord entre les colonisateurs belges et portugais, en 1891. Dès l’indépendance de l’Angola en 1975, l’Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) de Jonas Savimbi contrôlait la province de Lunda Norte. Alliée au président Zaïrois Mobutu Sese Seko, l’UNITA, en manque de main d’œuvre, laissa les populations congolaises s’installer en territoire angolais pour travailler dans les carrières de diamant. Durant plusieurs décennies les villages frontaliers, côté angolais, furent habités principalement par des Congolais. Il n’y avait alors aucune présence des autorités angolaises. À la fin de la guerre civile angolaise en 2002, le régime de Luanda souhaita retrouver l’entièreté de son territoire. Avec le retour progressif de l’administration angolaise ont alors commencé les vagues successives d’expulsions.
 
Début des violences fin 2003
Dès décembre 2003, les autorités angolaises ont commencé à expulser par milliers des Congolais et d’autres étrangers qu’elles accusaient d’exploiter les mines de diamant de façon illégale.
 
Au cours de l’année 2004, plusieurs centaines de milliers de Congolais ont, de nouveau, été expulsés après avoir été entièrement dépouillés de tous leurs biens. La plupart d’entre eux sont arrivés en RDC dans un état d’épuisement extrême.
 
La plus importante vague de rapatriements forcés a eu lieu en avril 2004 dans les provinces angolaises de Malanje, Lunda Norte, Lunda Sul et Cuanza Sul. Beaucoup de ceux qui ont été expulsés étaient nés en Angola et n’avaient aucun endroit où retourner. Certaines personnes expulsées auraient été maintenues jusqu’à une semaine dans des camps de transit tandis que les forces angolaises volaient tout ce qui pouvait avoir de la valeur. Lors des fouilles pour trouver des diamants ou de l’argent cachés, les forces de sécurité, après avoir séparé les familles, auraient effectué des fouilles vaginales et rectales sur des adultes et des enfants sans les moindres précautions d’hygiène. Ceux qui résistaient auraient été sévèrement battus. De nombreuses femmes et jeunes filles auraient été violées, parfois par plusieurs hommes. Un certain nombre de réfugiés se seraient noyés en tentant de traverser des rivières pour rejoindre la RDC.
 
Leur calvaire ne s’est pas arrêté là. De l’autre côté de la frontière, les forces de sécurité congolaises ont, elles aussi, commis, en nombre plus limité, des exactions à l’encontre des personnes soupçonnées d’avoir caché sur elles de l’argent ou des diamants.
 
En raison de la médiatisation de ces violences, Luanda a reconnu « des excès » de ses soldats vis-à-vis des expulsés mais a nié toute violence organisée. Luanda accepta qu'à l'avenir ce type d'expulsion massive soit le résultat d'accords signés avec Kinshasa.
 
Ces expulsions sauvages, accompagnées de violences sexuelles massives, ont toutefois recommencé fin 2006. Vu l’ampleur des violences sexuelles actuelles, il semble que les autorités angolaises utilisent le viol comme une arme visant à empêcher les Congolais de revenir en Angola. Les autorités congolaises n’ont, de leur côté, pris aucune disposition concrète, que ce soit au niveau local ou gouvernemental, pour assurer la protection de ses ressortissants en Angola et pour leur apporter une quelconque aide à leur retour
* *
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Traités et traités ratifiés
L’Angola a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et son Protocole facultatif ainsi que la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.
 
Dernières interventions concernant ce pays
Cet Appel urgent est le premier concernant l’Angola depuis le début de l’année 2007.
 
 

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Écrivez au président angolais
- Intervenir avant le 3 janvier 2008 -
 
S.E.M. José Eduardo dos Santos
Presidente da República de Angola
Gabinete do Presidente
Palácio do Povo Luanda
Angola
 
 
Monsieur le Président de la République,
 
Membre de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-France), je suis gravement préoccupé(e) par les graves violations des droits de l’homme commises par les soldats des Forces armées angolaises (FAA) à l’encontre des Congolais en situation irrégulière dans les zones diamantifères de la province de Lunda Norte.
 
Tout est entrepris pour faire fuir les Congolais : violences sexuelles systématiques, exécutions extrajudiciaires, tortures, détentions arbitraires, pillages.
 
Je suis conscient(e) du droit légitime de l’Angola à contrôler l’immigration sur son territoire. Néanmoins, le rapatriement des clandestins doit se faire dans le cadre de procédures légales qui respectent les droits et la dignité de l’individu.
 
Je vous encourage donc à donner des instructions précises aux autorités militaires afin de mettre un terme aux exactions qui accompagnent les expulsions forcées, et de garantir la protection des personnes en situation irrégulière.
 
Je vous demande de faire ouvrir des enquêtes concernant ces crimes et de déférer leurs auteurs devant la justice.
 
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma respectueuse considération.
 
 
L’ACAT-France appartient à la Fédération internationale de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (FIACAT) ayant statut consultatif auprès du Conseil de l'Europe et des Nations Unies.
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