Burundi
Protéger les femmes des violences sexuelles !
Pendant la guerre civile au Burundi, de 1993 à 2006, les violences sexuelles contre les femmes se sont généralisées, tant du côté des groupes armés que de celui des forces gouvernementales.
Aujourd'hui, malgré la fin des hostilités, les viols commis sont encore très nombreux, no-tamment au sein de la famille et de la com-munauté. Selon Médecins sans frontières (MSF), entre 2004 et 2006, 1.350 femmes en moyenne ont été violées chaque année. Les jeunes femmes et les fillettes sont particuliè-rement exposées. Nombre de femmes taisent le viol qu'elles ont subi, en raison de la réprobation sociale qui frappe les victimes et par peur de représailles. La société condamne la victime plutôt que l'auteur du crime. Certaines femmes se retrouvent seules, sans soutien psychologique ni aide judiciaire ; elles ignorent même parfois qu'elles peuvent avoir recours à la justice. Dans ce climat où les victimes n'osent pas ou ne peuvent pas engager une procé-dure, l'impunité règne et il est fréquent que les auteurs de viols ne soient aucunement inquiétés.
L'attitude passive de la police renforce la réticence des victimes à engager des poursuites. Les autorités refusent régulièrement de faire de la lutte contre le viol une priorité et de veiller à ce que des enquêtes soient diligen-tées quand des cas leur sont signalés.
Ecrivons au gouvernement burundais pour lui rappeler que la violence contre les femmes est une violation des droits de l’homme qui ne peut être tolérée ; que le viol est un crime dont les auteurs doivent être tra-duits en justice et que les victimes doivent être indemnisées.
… en abrégé
Un nombre important de viols
Il est difficile d’évaluer précisément le nombre de violences sexuelles au Burundi vu que le gouvernement ne dispose pas d’un système de surveil-lance et de statistique adéquat. Les seules statistiques fiables concernent les cas signalés dans les différentes ONG qui fournissent des soins médi-caux ainsi qu’un soutien psychologique et juridique aux victimes. Le phé-nomène est toutefois largement répandu dans tout le pays. Les femmes et les jeunes filles sont principalement violées chez elles ou dans leur quartier. Les jeunes filles mineures sont particulièrement visées : près de 60% des viols concernent des mineurs. Ces crimes imputables aux agents gouver-nementaux et non gouvernementaux jusqu’à la fin du conflit en 2006 s’est généralisé au sein de la famille et de la communauté. Selon les chiffres fournis par la Ligue burundaise des droits de l’homme - Iteka, 63,2% des viols sont commis par des voisins et des proches.
Après le viol, l’exclusion L’attitude la plus courante au Burundi consiste à incriminer la victime laissant en-tendre que le viol est dû à un comportement déviant ou à une tenue vestimentaire provo-cante. Les victimes ont souvent honte d’avoir été violées. Lorsqu’une victime est reconnue au sein de la communauté, elle risque d’être rejetée par sa famille, ses amis et ses voisins. Afin d’éviter les moqueries et les humilia-tions, de nombreuses victimes gardent le si-lence et n’intentent pas d’action en justice. En outre, les victimes connais-sent souvent leur agresseur qui continue à vivre dans leur communauté.
Une méconnaissance de leurs droits
Beaucoup de femmes ignorent que le viol est un crime devant la loi. D’autres ne comprennent pas les démarches à effectuer pour dénoncer un crime, veiller à ce qu’une enquête soit ouverte et suivre l’évolution du dos-sier. Elles sont également sceptiques quant à leur chance d’obtenir la condamnation des responsables, surtout lorsqu’il s’agit de forces de l’ordre.
Les carences des institutions
La majorité des officiers de police judiciaire qui recueillent les allégations de viol et les transcrivent n’ont pas reçu de formation concernant des vio
lences sexuelles. Ils ignorent souvent la loi ou ne connaissent pas la procédure pour engager des poursuites. Ces policiers, pour la plupart des hommes, sont influencés par la « culture patriarcale burundaise ». Ils accusent souvent la victime d'être responsable du viol. Dans de tels cas, les allégations de viol ne sont pas prises au sérieux par des policiers qui disent avoir l'impression que la femme était consentante ou qu'elle est en partie responsable. Les femmes adultes font souvent état de la réaction d'indifférence des policiers quand elles dénoncent un viol.
L'action de la police, au stade de l'enquête sur les allégations de viol et de la décision d'engager des poursuites à l'encontre des responsables, est également entravée par les manques de moyens :
- manque de moyens de transport permettant aux policiers de faire leur travail, et notamment de se rendre sur les lieux du crime et d'arrêter les auteurs présumés ;
- manque de locaux permettant d'entendre les victimes dans de bonnes conditions dans les postes de police ;
- manque de formation.
Pour toutes ces raisons, d’innombrables femmes et fillettes hésitent à dénoncer les viols dont elles ont été victimes et souffrent en silence. Lorsqu’elles décident de porter plainte, elles vivent dans la crainte constante des menaces et des représailles.
Les autorités burundaises, avec l’aide du Bureau intégré des Nations unies au Burundi (BINUB) ont récemment mis en place au sein de la police une section spécialisée, chargée des violences sexuelles.
Les informations relayées dans cet appel urgent proviennent, entre autres, du rapport commun de l’ACAT-Burundi et d’Amnesty International, intitulé « aucune protection contre le viol en temps de guerre comme en temps de paix », sorti le 9 octobre 2007.
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Dernières interventions concernant ce pays
Cet Appel urgent est le premier concernant le Burundi depuis le début de l’année 2007.
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1. Vous pouvez adresser la lettre que nous vous proposons, après l’avoir datée et signée, sans oublier de mentionner votre nom et votre adresse.
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- Écrivez avant le 22 novembre 2007 -
Burundi
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• Adressez une copie de votre lettre à l’Ambassade du Burundi en France
[Ambassade du Burundi, 10-12, rue de l'Orme 75019 - Fax : 01.45.20.02.54]