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Zimbabwe : risque de torture

Zimbabwe
 
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Risque de torture
 
Dans la soirée du 28 septembre 2007, un groupe de policiers en civil a fait irruption dans les coulisses du « Theatre in the Park », où était représentée la pièce « The Final Push », du dramaturge Daniel Maphosa, tournant en dérision la crise politique que traverse le Zimbabwe depuis huit ans. Le titre de la pièce est inspiré des marches de protestation du parti d'opposition Mo-vement for Democratic Change (MDC) en 2003, durement réprimées par la police.
Pendant l’entracte, les policiers ont conduit de force les comédiens Sylva-nos Mudzvova et Anthony Tongani dans un camion. James Jemwa, journaliste indépendant qui filmait la pièce, a été arrêté à son tour lorsqu'il a demandé des explications aux policiers sur l'interpellation des deux artistes.
Les deux comédiens et le journaliste n'ont pas, à ce jour, été inculpés et n'ont pas eu accès à un avocat. Ces hommes sont actuellement détenus au secret au commissariat central de Harare, une situation qui les expose au risque d'être torturé ou soumis à d'autres formes de mauvais traitements.
Le recours à la torture est généralisé au Zimbabwe, notamment pendant les périodes de détention provisoire et de détention au secret.
A l'approche d’élections cruciales pour l'avenir du Zimbabwe (élections présidentielle et législatives, en 2008), la paranoïa du gouvernement zimbabwéen s'accompagne d'une répression méthodique de toute opposition et de toute velléité médiatique et artistique d’émettre des critiques envers le pouvoir en place. Les services de renseignements zimbabwéens ont établi, en juin 2007, une « liste noire » d'au moins quinze journalistes de la presse indépendante devant faire l'objet d'une « stricte surveillance » et d'autres « mesures » non précisées.
… en abrégé
 
 « La liste noire »
 
Le 26 septembre 2007, la presse indépendante zimbabwéenne a publié le fac-similé d'une page portant l'en-tête du gouvernement, daté de juin 2007 et intitulé « Elections présidentielle et parlementaires de 2008 ». Sur ce document figure, sous le titre « targeted journalists » (journalistes ciblés), une liste de 15 personnalités des médias :
 
Abel Mutsakani - rédacteur en chef du site Internet ZimOnline,
Gift Phiri - correspondant de l'hebdomadaire The Zimbabwean
Vincent Kahiya - directeur de publication du Zimbabwe Independent
Dumisani Muleya - rédacteur en chef du quotidien Zimbabwe Independent
Itai Mushekwe - journaliste du quotidien Zimbabwe Independent
Bill Saidi - rédacteur en chef adjoint du quotidien The Standard
Caiphas Chimhete - journaliste du quotidien The Standard
Njabulo Ncube - rédacteur en chef, rubrique politique, du Financial Gazette
Kumbirai Mafunda - journaliste du quotidien Financial Gazette
Clemence Manyukwe - journaliste du quotidien Financial Gazette
Foster Dongozi - président du syndicat des journalistes du Zimbabwe (ZUJ)
Wilf Mbanga - fondateur du quotidien, suspendu, The Daily News
Valentine Maponga - journaliste indépendant
Itai Dzamara - journaliste indépendant
Ray Matikinye - journaliste indépendant
 
« Ces professionnels des médias doivent être placés sous surveillance étroite et doivent être détenus aux différentes dates prévues. Ils travaillent main dans la main avec des gouvernements occidentaux anti-zimbabwéens ».
 
En avril 2007, Gift Phiri avait été arrêté et battu en détention, avant d'être acquitté par un tribunal de Harare alors qu'il était poursuivi pour avoir travaillé sans l'accréditation de la toute-puissante Commission des médias et de l'information (MIC), contrôlée par le pouvoir. En juillet 2007, Abel Mutsakani avait été victime d'une tentative d'assassinat par trois agresseurs inconnus, en Afrique du Sud.
 
 
« Il est illégal de dire la vérité »
Au cours de l'année 2007, plusieurs pièces de théâtre aux titres évocateurs, comme « Le journal du paradis », « Des super patriotes et des abrutis » ou «Le bon président », ont été interdites par le Bureau de la censure du gouvernement ; décision basée sur un texte de loi datant de 1967 (période coloniale), le « Censorship and Control Act ». Toutes ces pièces avaient en commun la satire politique et sociale du pays.
La pièce « Le bon président », interdite en juillet 2007, retrace les événements qui ont marqué l'histoire du Zimbabwe juste après l'indépendance, en 1980, en particulier l'opération « Gukurahundi » menée dans le Matabeleland (sud du pays). Selon les estimations, 20.000 personnes auraient trouvé la mort lors de ces massacres perpétrés dans une région qui soutenait alors le dirigeant de l'opposition Joshua Nkomo. Dans cette œuvre, le dramaturge Cont Mhlanga revient également sur des événements politiques plus récents et s'interroge notamment sur la manière dont le président Robert Mugabe traite ses opposants, dont le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai, fondateur du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Lors des premières représentations à Harare, la pièce a beaucoup fait parler d'elle, attirant la foule en suscitant le débat sur l'état du pays, en profonde crise sociale et économique depuis plusieurs années. L'œuvre a été interdite, lorsqu'elle a été jouée à Bulawayo, la seconde ville du pays. L'auteur a interjeté appel de cette décision à la Haute cour d'Harare.
En 2006, Cont Mhlanga avait été brièvement interpellé et interrogé par la police suite à sa satire « Pregnant with emotion » (Enceinte avec émotion), qui raconte l'histoire d'un enfant refusant de venir au monde dans un pays en crise.
* *
*
 
- Écrivez avant le 10 novembre 2007 -
 
Zimbabwe
Vous souhaitez intervenir en faveur de Sylvanos Mudzvova, Anthony Tonga-ni et James Jemwa :
 
• Écrivez au Président zimbabwéen, Robert Mugabe
[Par courrier : affranchir à 0,85 euros – Fax : 00.263.4.708.211]
 
• Adressez une copie de votre lettre à l’Ambassade du Zimbabwe
[12, rue Lord Byron - 75008 Paris - Fax : 01.56.88.16.09]
 
Dernières interventions concernant ce pays
Cet Appel urgent est le premier concernant le Zimbabwe depuis le début de l’année 2007.
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