Il s'agit d'informer le public sur les actions de l'ACAT envers l'Afrique
31 mars 2012
Transmis par Clément Boursin (ACAT France)

Liberia :
une journaliste menacée pour ses enquêtes sur des pratiques d'excision
MONROVIA (AFP) - 30.03.2012 08:22
Elle a révélé au grand public un scandale d'initiation rituelle, impliquant des mutilations génitales. Mae Azango, reporter au quotidien libérien Front Page Africa, fait aujourd'hui l'objet de graves menaces et doit se cacher.
Le 8 mars, elle publiait le témoignage d'une jeune femme, excisée à l'âge de 8 ans par des membres des Sandés, sociétés secrètes féminines où les adolescentes sont préparées au mariage et où les mutilations génitales - l'ablation du clitoris dans ce cas précis - sont pratiquées comme rites d'initiation.
Son article était illustré de photos de jeunes filles à peine "initiées" sortant de la forêt.
"Quelques jours plus tard, j'ai commencé à recevoir des appels téléphoniques, toujours anonymes. Une femme me reprochait d'avoir dévoilé leurs secrets, et que j'allais en payer le prix", explique-t-elle à l'AFP, lors d'un entretien dans un lieu tenu secret.
"Je ne faisais que mon travail, mais aujourd'hui j'ai de gros ennuis". La punition pour ceux qui ont trahi ce secret: subir le même rite d'initiation, "que vous le vouliez ou non", s'inquiète-t-elle. "Ils me cherchent depuis des semaines maintenant. Ils sont allés au journal, chez moi. Le pire est qu'ils ont tenté de prendre ma fille de force pour l'exciser".
Des organisations de défense de la presse, des ONG ont demandé au gouvernement d'intervenir, ce qui est compliqué car la justice n'a en théorie pas son mot à dire sur ce sujet relevant du droit coutumier.