Il s'agit d'informer le public sur les actions de l'ACAT envers l'Afrique
Transmis par Clément Boursin (ACAT)
Jeudi 21 octobre 2010
Unesco : le Prix Obiang Nguema suspendu
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo à la tribune de l'ONU, le 25 septembre 2008.
UN Photo/Marco Castro
Par RFI
L'Unesco a décidé de suspendre le prix Obiang. Les 58 membres du conseil exécutif de l'Unesco ont suspendu ce jeudi 21 ocotobre le prix scientifique offert par le président équato-guinéen. Ce prix d'une valeur de 3 millions de dollars est l'objet d'une polémique depuis des mois entre les pays membres de l'Unesco en raison de la corruption du régime de Malabo.
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Le 27 septembre 2011
L'Unesco toujours menacée par un "prix Obiang"
Le dictateur de Guinée Équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, tient à être honoré par un prix de l'Unesco portant son nom. Rien ne semble le détourner de cet objectif. Ni sa mise cause dans l'affaire des "biens mal acquis" portant sur le détournement de richesses nationales par des dirigeants africains pour des achats de biens de luxe en France, ni le fait qu'il soit cité dans le tourbillon des commentaires à propos des "valises" d'argent qui auraient navigué, au fil des décennies, entre l'Afrique et Paris.
Il n'a pas non plus été découragé par la rebuffade qu'il a essuyée à l'Unesco, en octobre 2010 : à l'issue d'une campagne menée par plusieurs organisations non-gouvernementales, dont Transparence Internationale, Human Rights Watch et Sherpa, ainsi que diverses personnalités, dont le prix Nobel de la paix, Desmond Tutu, la remise d'un prix de l'Unesco honorant ce dirigeant africain aux méthodes autoritaires et à la réputation entachée de forts soupçons de corruption, avait été suspendue, faute de "consensus".
Il semblait alors que l'homme fort de Guinée Équatoriale allait devoir renoncer définitivement à la remise de son "prix Unesco-Obiang pour la recherche en sciences de la vie". L'idée d'un prix (richement doté, avec 3 millions d'euros prévus sur cinq ans) offert par un dictateur ayant tendance à confondre sa fortune et les caisses d'un Etat pétrolier (où la majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté) paraissait en effet bien peu conforme aux valeurs défendues par l'organisation des Nations unies pour la culture.
Majorité confortable
Mais le président Obiang est reparti à l'offensive, fort du soutien recueilli cet été lors d'un sommet de l'Union africaine (organisation qu'il préside), et de celui d'Etats arabes. Le Comité exécutif de l'Unesco doit se pencher, vendredi 30 septembre, sur la question de ce prix litigieux. Or, dans cette enceinte, l'homme fort de Malabo dispose d'une majorité confortable pour l'emporter.
Les pays européens tentent de bloquer l'offensive en proposant des amendements rendant le "consensus" obligatoire. Irina Bokova, la directrice de l'Unesco, est sur cette ligne. La réputation de l'organisation est en jeu. La solidarité africaine va-t-elle y être instrumentalisée par un potentat qui ne lésine pas sur le carnet de chèques pour s'autocélébrer ? A l'heure des revendications démocratiques sur le continent africain et dans le monde arabe, la saga du prix Obiang a valeur de test.
Natalie Nougayrède
Article paru dans l'édition du 28.09.11