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Il s'agit d'informer le public sur les actions de l'ACAT envers l'Afrique

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APPEL URGENT Kenya

APPEL URGENT
Kenya
 
Des violences post-électorales politiquement motivées
 
Depuis l'annonce officielle, le 30 décembre 2007, de la victoire du chef de l'Etat sortant Mwai Kibaki à l'élection présidentielle, le Kenya est plongé dans une crise politique majeure : plus de 700 personnes ont été tuées et plus de 255.000 personnes ont été déplacées.
 
Le scrutin présidentiel a été entaché de fraudes massives dans le dépouillement et le décompte des votes, qui remettent en cause le résultat final.
Répression policière
kenya-1.jpgLa victoire contestée de Mwai Kibaki, au dépens de son rival, l'opposant Raila Odinga, a immédiatement entraîné les partisans de ce dernier à descendre dans la rue, ouvrant le cycle des violences. Les manifestations de l’opposition ont été réprimées dans le sang par les forces de l’ordre : usage disproportionné des armes à feu, exécutions extrajudiciaires.
 
Dans le même temps, les Kikuyu - l’ethnie du président Kibaki - ont été attaqués par des partisans de l’opposition (assassinats ciblés, pillage et destruction de leurs biens). Par contamination, les Luo – l’ethnie d’Odinga – ont subi des attaques de représailles dans les régions dominées par les Kikuyu.
Les violences ont alors pris une dimension ethnique.
 
Aujourd’hui, même si la situation s’est calmée, elle reste extrêmement tendue. Le 13 janvier, le chef de l'opposition, Raila Odinga, a assuré à ses partisans que « tout n'est pas perdu […] les Kenyans ont parlé pour le changement, les Kényans veulent du changement et ils auront du changement ». D'éventuels nouveaux troubles sont malheureusement à envisager.
 
 
 
 
Des inégalités économiques à l’origine des violences ethniques

 

 
Dans plusieurs régions, des bandes de jeunes gens, armés de machettes, de bâtons ou de pierres, ont attaqué, entre le 30 décembre et début janvier, des personnes appartenant à d’autres ethnies qu’eux. Plus de 30 personnes, dont des femmes et des enfants, ont ainsi été délibérément brûlées vives dans une église à Eldoret, dans la vallée du Rift, le 1er janvier. Les victimes s’étaient réfugiées dans cette église pour fuir des groupes de jeunes armés.
 
La vague de violence qui s'est abattue sur le Kenya à la suite des élections présidentielles a été qualifiée, par bon nombre, de nature tribale ou ethnique. Bien que des différends existent entre les communautés, notamment entre les deux groupes ethniques les plus nombreux, les Kikuyu et les Luo, il semble que ce soit le système économique kényan qui soit véritablement à l'origine des troubles.
 
Le Kenya est le dixième pays au monde en terme d’écarts de richesses entre habitants. Les classes les plus riches gagnent 56 fois plus que les populations les plus pauvres. Les 10% les mieux nantis de la population contrôlent 42% des richesses du pays, tandis que les 10% les plus mal lotis en possèdent 0,76%. L'inégalité est présente partout : dans les revenus, dans l'accès à l'éducation, à l'eau et à la santé, dans l'espérance de vie. L’espérance de vie dans la province de Nyanza (ouest), fief de l’opposition, est inférieure à celle de la Province centrale, patrie de Kibaki. A Nyanza, le taux de vaccination des enfants est inférieur de plus de 50% à celui de la Province centrale. Si presque tous les enfants de la Province centrale fréquentent l'école primaire, dans la province pauvre du Nord-Est, seul un sur trois y est inscrit ; plus de neuf femmes sur 10 n'ont reçu aucune éducation. Dans la Province centrale, en revanche, elles sont moins de 3%.
 
Les détracteurs de Kibaki, arrivé au pouvoir en 2002, accusent donc son gouvernement de ne pas avoir traité ces inégalités et de s'être seulement concentré sur la croissance économique. Cette croissance (5,5% avant les élections) a été très sélective. Elle s’est concentrée dans le secteur des services et a uniquement profité aux banques, aux entreprises de tourisme et aux agences de communication.
 
Lorsqu'une économie peu performante se met à croître très rapidement, les inégalités se creusent. Au lieu de créer des emplois, la croissance a privilégié le profit et l’envolée des prix, notamment ceux de l'immobilier. Seule une petite partie de la population s’est enrichie. Les classes pauvres ont au contraire vu leur pouvoir d'achat diminuer.
 
L'ethnicité est entrée en jeu dans les violences électorales parce que malheureusement, comme dans de nombreux autres pays africains, les chefs d’Etats ont tendance à privilégier leur ethnie. 

keinya-2.jpg

 
 
Réflexion sur les élections en Afrique
Violences urbaines
 
« Le Kenya de la raison peut-il l'emporter durablement si le retour au calme se traduit par un simple fait accompli de la victoire contestée de Kibaki ? Ce serait prendre un risque considérable, celui de remettre en question la légitimité des institutions nationales. Or, lorsque les urnes perdent leur raison d'être, survient le temps des aventuriers, capables de pousser le déraisonnement un peu plus loin en affirmant que le pouvoir est au bout de la kalachnikov sans risque d'être démentis ». La Côte d'Ivoire, pays qui était réputé stable et prospère, en a fait l’amère l'expérience. « L'ex-vitrine économique de l'Afrique de l'Ouest a commencé par négliger les règles du jeu démocratique, pour finir par subir un coup d'Etat, une rébellion et un cycle de troubles dont elle espère briser la fatalité par des élections prévues courant 2008. Il faut souhaiter qu'à Abidjan les leçons de Nairobi soient comprises et entendues. Il faut souhaiter qu'elles le soient aussi dans les nombreux pays d'Afrique où les élections, à force d'être volées au nom d'une stabilité illusoire, ont enlevé tout espoir à leurs électeurs ». (Jean-Philippe Rémy, Le Monde, 8 janvier 2007)
 
* *
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Textes et traités ratifiés
Le Kenya est partie à la Convention contre la torture et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
 
Dernières interventions concernant ce pays
Il s’agit du premier Appel urgent sur le Kenya en 2008. Il y a eu deux Appels urgents et un Appel du mois en 2007.
Intervenir
 
Soutenez ceux dont vous venez de lire l’histoire.
Écrivez pour leur venir en aide.
 
1.   Vous pouvez adresser la lettre que nous vous proposons, après l’avoir datée et signée, sans oublier de mentionner votre nom et votre adresse.
Vous pouvez aussi la réécrire à votre manière, avec vos mots, votre écriture, votre conviction.
 
2.   Pour plus d’efficacité, nous vous conseillons d’envoyer une copie de votre lettre à l’ambassade du pays concerné : les diplomates informent leurs ministères des préoccupations des citoyens français.
 
- Écrivez avant le 19 février 2008 -
 
 
 
Kenya
Vous souhaitez intervenir contre les violences post-électorales et en faveur de la paix :
·     Écrivez au Ministre de la justice kenyan
[Par courrier : affranchir à 0,85 euros - Par fax : 00.254.203.163.21 ou 00. 254.203.163.17]
·     Adressez une copie de votre lettre à l’Ambassade du Kenya en France

[Ambassade du Kenya - 3 rue Freycinet - 75116 Paris - Fax : 01.47.20.44.41]
 
 
 
 
 
 
Madame Martha KARUA WANGARI
Ministre de la justice et des affaires constitutionnelles
Ministry of justice and constitutionnal affairs
Co-operative Bank house
PO Box 56057-00200
Nairobi
Kenya
 
Madame la Ministre,
 
Membre de l’ACAT-France, je suis vivement préoccupé(e) par la crise politique majeure qui perdure au Kenya à la suite du scrutin présidentiel entaché de fraudes massives.
La répression policière et les violences interethniques qui ont suivi le résultat de cette élection ont coûté la vie à plus de 700 personnes.
 
Afin d’éviter toutes nouvelles violences, je vous demande de :
 
·        faire respecter les libertés d'expression, d’information, d'association et de manifestation, garanties par la Constitution kenyane et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ;
·        veiller à ce que les forces de l'ordre garantissent la protection de la population et respectent les normes internationales relatives au recours à la force et à l'utilisation des armes à feu ;
·        ouvrir une enquête indépendante et impartiale sur les violences post-électorales et veiller à ce que toute personne responsable de violation des droits de l'homme soit traduite en justice dans un délai raisonnable ;
·        encourager la venue du Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions sommaires au Kenya.
 
Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.
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